emil nolde

  • Emil Nolde, expressionniste allemand

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    La mer III (Das Meer III) 1913, Emil Nolde
    © Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde - Neukirchen, Allemagne

    Du 25 septembre 2008 au 19 janvier 2009, les Galeries Nationales du Grand Palais rendent hommage à une grande figure de l’art moderne et de l’expressionnisme allemand : Emile Nolde.
    L’œuvre de Nolde est remarquable par une peinture farouche, un trait sans concessions et d’extraordinaires accords colorés, en partie inspirés et retenus de Van Gogh. L’être humain est au centre de ses préoccupations, traduit à travers des portraits, des maternités et des couples. Les paysages et natures mortes sas des songes colorés, des contemplations de la vie ordinaire, de la nature… le tout transfiguré par une palette audacieuse. Emil Nolde a aussi abordé les sujets religieux en s’efforçant de retrouver les racines d’une religion primitive, proche de l’homme.

    Cette exposition réuni quatre-vingt dix peintures et soixante-dix aquarelles, gravures et dessins. Ces œuvres sont présentées sous forme d’un parcours chronologique et thématique.

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    Danseuses aux bougies, Emil Nolde 1912 Huile sur toile 100,5 x 86,5 cm
    Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde Neukirchen, Allemagne
    © Nolde Stiftung-Seebüll

    Première étape : « la montagne enchantée ». Le premier tableau d’Emil Nolde s’intitule « les géants de la montagne ». le grotesque et le curieux habitent ce fils de paysan nourrit aux contes et légendes du nord. Il approfondit les thèmes du passage du jour à la nuit, d’un monde à l’autre, oublié et primitif, enfanté par la terre dans des temps plus anciens… Réel et merveilleux coexistent.

    Deuxième thème : « un pays ». le jeune peintre, qui se nomme encore Emil Hansen, rentre dans son pays en 1902. Il décide d’adopter le nom de son village natal, Nolde, hameau aujourd’hui situé au Danemark, à proximité de la frontière allemande. Le peintre signifie ainsi son attachement à son pays, élément fondamental de sa personnalité et de sa création.

    Troisième étape : « l’œuvre graphique ». En 1906, Nolde s’initie à la gravure sur bois. Cette technique d’origine médiévale est à l’honneur chez les expressionnistes. Il pratique également la lithographie qui lui permet de s’exprimer en tant que coloriste. Il expérimente aussi l’eau-forte qui offrent des possibilités pour illustrer son monde fantasmagorique. A partir de 1927, Nolde abandonne la gravure pour se consacrer uniquement à la peinture.

    Quatrième thématique : « années de combats ». Tantôt reconnu des plus jeunes puis évincés des mouvements artistiques de son époque, Nolde a rêvé de fonder un groupe qui aurait réuni les artistes de sa génération, Munch, Matisse, Holder, et qui ne verra jamais le jour.

    Cinquième thème : « bible et légende ». Elevé dans le rite protestant, Nolde a une pratique religieuse très personnelle, perceptible jusque dans sa façon de traiter les sujets quotidiens. Son œuvre religieuse est l’une des plus importants de l’art moderne.

    Sixième étape : « nuits de Berlin ». A partir de 1901, attiré par l’intense bouillonnement artistique autour de la Sécession berlinoise, Nolde loue un appartement pour passer l’hiver dans la capitale. Il décrit Berlin comme une ville « remarquablement stimulante » et traduit les nuits de cette ville à travers 17 peintures et plusieurs centaines d’aquarelles et de dessins.

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    Printemps dans la chambre, Emil Nolde 1904 Huile sur toile 88,5 x 73,5 cm
    Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde Neukirchen, Allemagne
    © Nolde Stiftung-Seebüll


    Septième thème : « welt » (le monde). Comme de nombreux artistes modernes, Nolde se montre très intéressé par les arts extra-européens. Il visite souvent le Musée d’ethnologie de Berlin et s’en inspire. Il participe à des expéditions coloniales et traverse la Pologne, la Sibérie , la Corée, le Japon, la Chine, les Philippines, La nouvelle Guinée, multipliant les aquarelles et peintures des tropiques, tout en ayant un regard critique sur le colonialisme.

    Huitième thème : « heimat » (patrie). Petit territoire disputé entre le Danemark et la Prusse, le Schleswig est un lieu de particularisme et de forte identité. Nolde, dénomination commune au village et à l’individu, reste la cellule primitive sur laquelle tout est construit.

    Douzième étape : « phantasien et images non peintes ». Dans les années 1931-1935, Nolde peint une série d’aquarelles appelées « Phantasien », qui révèlent un monde intérieur peuplé de créatures inquiétantes. La couleur est répandue sur la feuille, abondamment et sans ordre apparent ; ce chaos de tâches, de nuées, suggère au peintre des formes qu’il révèle d’un trait de pinceau. Il réalise ainsi environ 1300 compositions, qu’il intitule « Images non peintes », définition d’une œuvre qui ne peut ni ne doit exister.

    Treizième et dernière thématique : « la mer ». Que ce soit la mer Baltique à l’Est, la mer du Nord à l’oeust, ou les marais qui entourent sa maison, Nolde a toujours vécu et peint au contact de l’eau. Il fait construire au bord de la mer une cabane en planche qui devient son atelier. Cet atelier-cabane n’est pas seulement un observatoire mais un lieu où il puise son inspiration.

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    Ronde endiablée (détail) 1909, Emil Nolde (Huile sur toile 73 x 88 cm)
    © Kunsthalle zu Kiel, Kiel, Allemagne

    Galeries nationales du Grand Palais
    3, avenue du Général-Eisenhower
    75008 Paris
    Tél : 01 44 13 17 17
    Ouverture : tous les jours sauf le mardi.
    Horaires : de 10h à 20h
    Nocturne le mercredi jusqu' à 22h.
    Prix d'entrée : 10 € ; TR 8 €

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    Couple sur la plage (détail), Emil Nolde 1903 Huile sur toile 73,5 x 88,5 cm
    Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde Neukirchen, Allemagne
    © Nolde Stiftung-Seebüll

    Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux et la Communauté d’agglomération de Montpellier/ Musée Fabre, où elle sera présentée du 7 février au 24 mai 2009.

    Pour plus de détails sur la biographie d’Emil Nolde, cliquez ici.