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  • Le Prix Liliane Bettencourt, « Pour l’Intelligence de la Main »

    fleurs2.jpgEn créant, en 1999, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main, la Fondation Bettencourt Schueller a voulu contribuer à mettre en lumière le travail de ceux qui perpétuent les métiers d’art, en France, et qui, tout en maîtrisant les savoir-faire traditionnels y intègrent les apports des nouvelles technologies.
    Tous les ans, un secteur d’activité des métiers d’art est à l’honneur. Ainsi se sont succédé : les métiers du bois et de la facture instrumentale, les métiers du verre, de la céramique, du cuir, de la pierre, des métaux non précieux, des métaux précieux, puis de l’ébénisterie.
    Pour sa 9e édition, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main honore les artisans des métiers d’art du textile.

    Le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main 2008 récompense Emmanuelle Dupont, brodeuse-sculpteur textile, pour son œuvre « Phalaenopsis » ou Orchidée Papillon.

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    Cette création sensible et onirique entremêlent les règnes végétal et animal en une fleur chimère, sculpture textile entièrement réalisée à la main et brodée à l’aiguille. Les techniques et les matériaux utilisés sont multiples, et leur associations originales : les pétales en mousseline, de pongé de soie, brodés au point de feston et au point de bourdon, se mêlent à la résille de perles, aux perles de jais ou encore aux élytres de scarabée… pour donner vie à une dentelle organique d’une grande délicatesse.
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    Diplômée des métiers d’art textile, spécialité broderie, à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré, Emmanuelle Dupont, 25 ans, entend développer ainsi « une méthode de travail personnelle qui vise à détourner la broderie de son statut d’ennoblissement pour lui offrir celui d’une œuvre à part entière ».
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    L’idée du « Phalaenopsis » est née de la rencontre d’un scarabée et d’un papillon retrouvés par hasard dans une boîte : « la matière m’inspire la forme ». Sans dessin préalable, Emmanuelle Dupont compose, ajuste et teint les différents éléments de sa créations hybride. Elle a ainsi imaginé de délicats pétales d’orchidée réalisés avec des ailes de papillon vernies et brodées au point de graine, ou découpés dans des pongés de soie ajourés au point de bourdon et teints au thé et au café . Les perles et les paillettes soutiennent la fleur de leur armature gracile. Le tout pour une création digne des cabinets de curiosité du 18e siècle.

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    Le Jury a, en outre, choisi d’attribuer deux distinctions particulières. L’une à Alice Heit, créatrice textile-tisserande, pour son œuvre, « Surfaces Sensibles », une collection de tissus pour l’habillement. La seconde à Marie-Hélène Guelton, artiste textile, pour son œuvre, kimono « Palawan ».
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    Nourries de nombreux voyages, de ses études ethnographiques et techniques, les créations textiles de Marie-Hélène Guelton condensent savoirs, savoir-faire et expérimentations. En autodidacte, elle explore le potentiel des procédés de teinture à réserve. La forme épurée du Kimono s’est très vite imposée comme une « surface picturale en soi ». Pou le réaliser, l’artiste a développé une technique toute personnelle dérivée du procédé arashi shibori. « Le kimono a été élaboré à partir de trente-quatre modules textiles, assemblés à la main et à la machine, qui permettent de composer le vêtement en transparences et en opacités ». Chaque module est plié, enroulé sur un tube crénelé, ligaturé à l’aide d’un fil dans chaque crénelure, puis tient d’une couleur. Une fois déroulés, les plis des tissus révèlent un réseau de stries très graphiques à la surface de l’étoffe. Le plissé permanent imprimé dans la fibre lors de la teinture, le graphisme et la couleur apparaissent alors selon un « hasard maîtrisé ».
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    Alice Heit déjoue les contraintes du tissage textile pour créer d’étonnantes surfaces en relief sur son métier à tisser : «de l’entrecroisement de fils de chaîne et de trame, je parviens à obtenir des formes organiques ». Cloques, boursouflures et bulles surgissent par endroits dans le tissage. Seule la main rend possible l’existence de la plupart des effets obtenus. Les matières utilisées (crêpe de soie, élasthanne, coton, laine, soie ondulée…) sont sublimées par le tissage manuel. La pièce « Surfaces Sensibles » se compose d’une succession de douze échantillons de tissus. Ce travail est conçu comme une gamme d’inspiration, une invitation à l’imaginaire et à la créativité pour des créateurs de mode. Les multiples variations de la palette autour du blanc pourraient s’enrichir prochainement, de nouvelles couleurs à partir de teintures végétales élaborées par l’artiste selon des procédés ancestraux.
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    Ces prix seront remis au lauréates par Madame Liliane Bettencourt le 14 octobre 2008.

    Pour plus d’informations :

    Fondation Bettencourt Schueller
    27-29 rue de Poissonniers
    92 522 Neully-sur-Seine Cedex
    Tél : 01 41 92 94 80


    Vous pouvez retrouver les créations d’Emmanuelle Dupont en vente chez :
    Shadé, 63 rue des Saints-Pères, 75006 Paris
    Showroom Aspic Basilic, 21 rue Martel, 75010 Paris
    Galerie Alliage, 8 rue du puit du temple, 34000 Montpellier
    Galerie Embargo, 2 rue de Lesdiguières, 75004 Paris

    © Photos : Stéphane Compoint